Comment identifier et remédier à un problème de pyrite dans votre maison ?

La pyrite, ou pyrrhotite, est un minerai qui provoque le gonflement des pierres de remblai et la fissuration du béton dans les fondations des bâtiments. Dans certaines conditions d’humidité et d’exposition à l’oxygène, la pyrite s’oxyde et gonfle, provoquant des fissures. Les terrains argileux contiennent souvent le plus de pyrite. Au Québec, le test de Pyrite n’est pas obligatoire mais fortement recommandé dans certaines régions particulièrement exposées.

Historique du problème de pyrite

Depuis le début des années 1970, de nombreuses propriétés canadiennes on été endommagés par la pyrite. Les premiers cas de pyrite n’ont été répertoriés qu’en 1984 au Québec. Les médias se sont emparés de l’affaire en 1998. Un Regroupement des comités de victimes de la pyrite (RCVP) a vu le jour en juin 1999. Un Comité des victimes judiciaires de la pyrite (CVJP) a dû être créé pour informer et protéger les anciens propriétaires poursuivis ou menacés de poursuites en vice caché. Ces comités aujourd’hui dissous ont eu pour but de créer un programme gouvernemental d’aide jusqu’en 2011.

Les problèmes liés à la pyrite peuvent apparaître 15, 20 ou même plus de 25 ans après. La Montérégie est la région la plus touchée au Québec, ainsi qu’autour de la Vallée du Saint-Laurent. La plupart des propriétés affectées sont situées sur la Rive-Sud de Montréal ainsi que dans l’est de l’île de Montréal, à Pointe-aux-Trembles et Rivière-des-Prairies. Sur la Rive-Sud, la plupart des villes touchées sont situées entre Varennes et Saint-Constant en passant par La Prairie, Brossard, Longueuil et Boucherville. La concentration semble plus forte à Saint-Bruno.

La Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP) a fait pression en 2016 auprès du gouvernement pour permettre l’avancement des recherches car personne ne sait si un taux faible (inférieur à 10 sur 100) présente un danger potentiel.

Depuis avril 1999, l’industrie de la construction applique volontairement la norme CTQ-M100, non obligatoire, établie par le Comité technique, qui vise à certifier la qualité non-gonflante des remblais utilisés en construction (labellisée « DB »). La norme CTQ-M200 a été mise en place pour encadrer le travail des professionnels spécialisés dans l’expertise sur les bâtiments existants.

Comment identifier un problème de pyrite ?

L’apparition de fissures, en forme de X, de croix ou d’étoile, dans la dalle de béton ou sur les murs de fondations est un signe de possible attaque de pyrite. Si les fissures présentent de plus une substance poudreuse blanche à l’intérieur, il est fortement recommandé d’effectuer un test de pyrite.

L’Association des consommateurs pour la qualité de la construction (ACQC) recommande aux propriétaires qui doivent faire effectuer un test de pyrite de choisir un laboratoire reconnu par l’Association des consultants et laboratoires experts (ACLE) et d’exiger l’application de la norme CTQ-M200.

Ce test de pyrite consiste en une analyse pétrographique afin de déterminer si le remblai de pierres concassées de la maison présente un potentiel de gonflement relié à la présence de pyrite. La méthodologie CTQ-M200 définit le processus d’expertise incluant un relevé visuel et une analyse des caractéristiques de la roche employée dans la pierre concassée du remblai.

Il est, en outre, fortement suggéré de procéder à une analyse chimique qui inclue l’analyse des particules fines du remblai. Les inspecteurs en bâtiment sont habilités à demander un test de pyrite.

Que faire en cas d’identification de problème de pyrite ?

Dans les cas les moins graves, de simples fissures passives apparaissent sur les murs de béton de la maison. Si le test de pyrite s’avère positif (c’est-à-dire avec un indice supérieur à 10 sur 100) la maison pourrait porter la mention « sous observation ». Mais même les cas les moins graves font fuir les acheteurs. Le prix de vente baisse souvent de 20 % par rapport à l’évaluation municipale lorsqu’il y a présence de pyrrhotite.

Dans les cas les plus graves, avec un indice plus proche de 100, c’est toute la maison qui risque de s’affaisser. La seule solution consiste alors à briser la dalle de béton et à tout évacuer, remblai compris, avec reprise en sous-œuvre. Souvent, il faudra également remplacer la plomberie qui passait sous la dalle. Il faudra aussi excaver le sol naturel sur une profondeur d’un mètre sous le niveau de la dalle existante sans toutefois dépasser le niveau de la semelle. Le remblai de remplacement doit être certifié « DB » pour garantir ses propriétés anti-gonflement.

Il faudra encore prévoir de :

  • consolider les murs de fondation à l’aide de plaques d’acier
  • réparer les fissures par l’extérieur
  • poser une membrane géotextile perméable sur le sol
  • poser un pare vapeur de polyéthylène
  • couler une nouvelle dalle de béton

Pour détecter rapidement un éventuel problème de pyrite, il est recommandé de procéder à une enquête sur l’état du bâtiment tous les 3 à 5 ans.

Le programme du gouvernement provincial pour remédier au problème de pyrite

Un programme administré par la Société d’habitation du Québec (SHQ) a été confié depuis juillet 2011 aux municipalités suivantes :

  • Ville de Trois-Rivières
  • Ville de Shawinigan
  • Ville de Bécancour
  • MRC de Maskinongé
  • MRC des Chenaux
  • MRC Nicolet-Yamaska
  • MRC Mékinac

Si les fondations de votre résidence principale située dans ces municipalités sont endommagées par la présence de pyrrhotite, vous pourriez avoir droit à une aide financière pour effectuer les réparations requises. Cette aide financière obtenue via votre municipalité, qui peut atteindre 75 % des coûts admissibles, servira à effectuer les travaux nécessaires pour assurer l’intégrité des fondations du bâtiment.

Ces travaux aux coûts admissibles sont exclusivement consacrés :

  • à l’expertise de laboratoire
  • aux honoraires
  • au coût de la main-d’œuvre pour les travaux
  • aux matériaux

Il est important de bien vérifier si la maison bénéficie du Plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs, dans quel cas le remboursement peut atteindre 75 000 $ et, dans le cas contraire, 15 000 $ au maximum.

La RBQ rappelle que le Plan de garantie expire 5 années après la réception d’une maison ou d’une copropriété. Si la maison, ou la copropriété, a été construite il y a plus de 5 années, elle n’est donc plus couverte par le Plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs.