Isolation de grenier : les matériaux les plus performants

Avec ou sans aide financière, se pencher sur le problème d’une bonne isolation du toit (grenier, combles ou combles perdus) permet de réaliser d’importantes économies d’énergie et donc d’argent. Il est plus que temps de penser à la bonne isolation du grenier, contre le froid de l’hiver mais aussi la chaleur estivale. Quels matériaux privilégier de nos jours ?

L’isolation de grenier : est-ce nécessaire ?

La chaleur monte, aussi les déperditions dans une maison se font principalement par le toit. Plus l’immeuble est ancien, moins il y a de chances que le grenier soit efficacement isolé. Les pertes de chaleur dans une maison d’environ 30 ans se chiffrent en moyenne à :

  • 32 % par les fenêtres
  • 25 % par les fuites d’air
  • 17 % par les murs hors-terre
  • 15 % par les murs de sous-sol et les planchers de fondation
  • 11 % par le toit

Une bonne isolation permettra donc d’économiser autant sur la facture de chauffage.

Qu’est-ce que la valeur R en isolation de grenier ?

Un nouveau programme d’Énergie NB pour encourager l’isolation des greniers et des combles est né au printemps 2018. Il permettra à un propriétaire du Nouveau-Brunswick d’économiser en moyenne de 700 $ à 1 000 $ par année et de recevoir 1 800 $ de rabais par le biais d’une remise sur les coûts du travail d’isolation.

Destiné à durer 3 ans dans une première mesure, ce programme prend en compte la valeur R de l’isolant employé. La valeur R indique la performance d’un matériau d’isolation, sa valeur de résistance thermique.

Plus la valeur R est élevée, plus le matériau résiste au transfert de chaleur. Au Québec la norme se situe au-delà de R-30 et plus près de R-50 dans les constructions neuves. Elle est de R-41 pour le toit dans la majorité des municipalités du Québec.

De plus, la valeur R augmente avec l’épaisseur de l’isolant. Il faut 15 pouces d’isolant classique pour atteindre un facteur de R-50. Une simple couche de laine minérale, en comparaison, n’offre qu’une valeur de R-12.

La conductivité thermique en isolation de grenier

Un autre paramètre important dans le choix des matériaux pour l’isolation du grenier, est la valeur lambda de conductivité thermique. Plus elle est faible et moins il faudra poser d’épaisseur d’isolant.

En matière de conductivité thermique, les matériaux champions sont la mousse de polyuréthane (0,03), le polyuréthane en panneaux et le polysiocyanurate (0,035) ainsi que le chanvre (0,039). La laine de bois en nattes est également performante avec un indice de 0,038 mais reste introuvable au Québec.

La pose d’une isolation de grenier : ce qu’il faut savoir

Il existe trois grandes familles d’isolants :

  • synthétiques
  • minéraux
  • naturels

Certains matériaux d’isolation de grenier sont soufflés par une lourde machinerie, d’autres posés en plaques (rigides ou en matelas). Il faudra en général compter un travail supplémentaire sur les ponts thermiques pour les isolants en plaques tels que le liège, la fibre de verre ou le polystyrène.

Dans tous les cas, il est essentiel de veiller à la bonne ventilation du grenier et de ne pas recouvrir les soffites d’isolant. Par ailleurs, l’apparition de moisissure peut signaler un problème grave d’étanchéité au niveau de la surface extérieure du toit ou un problème d’humidité dans certaines pièces de la maison. Ne commencez pas de travaux d’isolation avant d’avoir résolu ce problème !

Pour parfaire l’isolation complète du grenier, il est conseillé de poser un pare-vapeur (par exemple, une couche de polythène de 6 mm d’épaisseur) et un scellant acoustique.

Enfin, certains matériaux ont un niveau élevé de toxicité et peuvent nécessiter des équipements de protection pour leur pose.

Les isolants de grenier les moins chers

Répandus, performants et abordables, les matériaux favoris pour l’isolation du grenier sont la laine de verre et la cellulose, à environ 0,85 $ le pied carré. Ces deux matériaux n’offrent cependant pas de résistance très satisfaisante à l’humidité. Un sac de cellulose à 10 $ couvre à peu près 15 pieds carrés avec une valeur de R-50.

Le liège expansé est un des isolants les moins chers à environ 0,55 $ le pied carré mais il nécessite plus d’épaisseur (8 à 12 pouces). De longue durée de vie, il résiste bien à l’eau, au feu, aux insectes et aux rongeurs et c’est un bon isolant sonore.

Il ne faudrait pas oublier que la performance des matériaux au fil du temps est un facteur financier non négligeable. Les matériaux soufflés, comme la cellulose ou la laine de verre soufflée, se tassent avec le temps. Le traitement ignifuge au borax sur la cellulose peut aussi perdre de son efficacité (jusqu’à 28 % en deux ans a montré une étude).

Hors coût des matériaux, comptez de 0,50 $ à 1,25 $ le pied carré pour la pose, selon le site des entrepreneurs soumissionrenovation.ca.

Les isolants de grenier écologiques

Le chanvre fait partie des isolants les plus écologiques. Il n’a pourtant vu le jour, en Estrie, qu’au printemps 2017 avec l’ouverture de la première usine nord-américaine d’isolant en nattes de chanvre cultivé au Québec. Avec un R-3,7/po, une grande capacité à absorber et à restituer l’humidité ainsi que des propriétés hypoallergiques et non irritant c’est le matériau isolant écologique d’avenir. C’est aussi le champion de l’énergie grise (l’énergie dépensée pendant tout le cycle de vie du matériau) : plus de 50 fois moins que le verre cellulaire !

La fibre de cellulose est composée à partir de déchets de bois, de papier journal recyclé et déchiqueté, traités au borax pour une protection anti-feu. C’est un isolant efficace, non-toxique, et éco-responsable. Son facteur R augmente de 3,7 par pouce de cellulose soufflée, comparé à 3 pour la laine minérale ou la fibre de verre. Vendue en vrac, elle ne nécessite pas de jointure ni de pont thermique car elle s’insère partout. Comptez environ 500 $ tout compris et 4 heures de travail pour une isolation du grenier complète.

En conclusion, sachez que le programme RénoClimat a été officiellement prolongé jusqu’au 31 mars 2021. Une aide financière pourrait vous être accordée selon la superficie de toit isolé, pensez-y !